Illustration d'une femme submergée par la charge mentale avec un nuage orageux – impact de la charge mentale sur la libido des mamans

  • Feb 15, 2026

Libido et charge mentale, le combo pas gagnant du tout

    Notre désir sexuel (qui est le terme plus adapté que celui de libido concernant notre sujet du jour, en réalité) est stimulé et éteint par différents facteurs. Dans son super livre "Je Jouis comme je suis", Emily Nagoski parle d'accélérateurs et de freins. Je trouve cette comparaison automobile très à propos, et elle est idéale pour comprendre de quelle façon agit la charge mentale: comme un fucking frein!

    Si vous me suivez sur Instagram, peut-être avez-vous vu passer une story concernant ce combo qui ne va pas du tout bien ensemble, à l'origine de la mortitude du uc' chez beaucoup d'entre nous, j'ai nommé la "Libido ascendant Charge Mentale". Je vous propose ici un petit rappel du mécanisme à l'oeuvre, et ensuite quelques petits tips à essayer pour casser cette association mortifère.

    Mais petit rappel avant tout sur ce que signifie cette expression. La charge mentale c'est le fait de devoir PENSER et LISTER mentalement tout ce que l'on a à faire, et non pas le fait d'avoir à effectuer ces mêmes tâches. Comme je le disais en story, la charge mentale c'est penser au fait qu'il faut faire la vaisselle, non pas faire la vaisselle (c'est pas passionnant non plus, bien que potentiellement méditatif, mais c'est moins énergivore!). Mais c'est surtout l'accumulation de tout ce à quoi on doit penser: s'occuper de la maison, de l'administratif, des enfants, etc... et c'est épuisant. Surtout si on le fait seul.e.

    Je ne vous apprends rien, dans les couples hétérosexuels, cette charge est le plus souvent portée par les femmes. Il y a bien sûr une explication culturelle, mais (au risque de me faire huer et conspuer) je ne suis pas encore tout à fait assurée qu'il n'y ait pas aussi une explication plus "biologique" (pas taper). De toutes façons, d'ici que ce soit prouvé, on a encore toutes le temps de gratter des millions de carnets avec des to do lists interminables. Je précise tout de même que c'est ce qui est généralement observé, mais les hommes sont aussi concernés par la charge mentale et ses effets "freinateurs".

    Revenons à notre désir sexuel! La charge mentale, parce qu'elle prend beaucoup d'espace mental et d'énergie, fait passer nos besoins secondaires au second plan. Les besoins primaires étant se nourrir, dormir, respirer, prendre soin de sa santé et de son hygiène ... on comprend bien que la sexualité, quand elle n'est pas reproductive, fait partie de ce qui passe après tout ça. En sachant qu'avoir une maison propre fait partie de l'hygiène et que s'occuper des enfants fait partie de leurs besoins primaires à eux (et des nôtres aussi, la plupart du temps).

    Donc à la fin d'une looongue journée, d'une looongue semaine ou de plusieurs looongues années à gérer couches, ménage, organisation des Noël en fonction de tous les grand-parents, préparation de repas équilibrés et savoureux... et la vaisselle, il est tout à fait possible que l'envie de faire l'amour (avec son ou sa partenaire ou à soi-même!) s'amenuise voire disparaisse complètement. Même si on trouve ça super sympa, de faire l'amour!

    Voici donc une petite liste non exhaustive de ce qu'on peut essayer de faire pour y remédier:

    • prendre conscience du mécanisme à l'oeuvre. Une personne avertie en vaut deux (Bim! Ça fait un plan à 3, du coup!). Si vous savez d'où vient le manque d'envie, il est plus simple de trouver une solution qui s'attaque à la racine du problème.

    • revoir la répartition de la charge mentale au sein de votre couple. Est-ce que certaines tâches pourraient être redistribuées différemment? En sachant que celui à qui il incombera des tâches supplémentaires finira peut-être par y trouver un avantage en retrouvant un.e partenaire plus enclin à partager un moment sexy. Par contre, attention, on parle de répartition équitable, avec de la bonne volonté pour moteur !!! Il n'est pas question d'exiger des faveurs sexuelles sous prétexte qu'on a sorti la poubelle. Ça, c'est du chantage et c'est assimilé à du viol conjugal (oui, je sais, je suis pas drôle mais c'est important de le dire).

    • accepter que les choses ne soient pas faites exactement comme on veut. Ok, votre enfant n'est pas habillé comme vous l'auriez voulu. Ok, le placard n'est pas rangé comme d'habitude. Ok, la vaisselle n'est pas faite tout de suite mais demain matin... Ça ne signifie pas que parce que c'est différent, c'est moins bien. C'est juste pas comme vous voulez, mais... c'est fait! Donc, vous n'avez plus à y penser et même si vous n'investissez pas l'énergie que vous économisez dans la sexualité (et vous avez le droit), vous pouvez la placer dans autre chose qui vous fera du bien. Relax, ce sera bien quand même.

    • organisez-vous des dates ( rendez-vous amoureux)! Là encore, avec vous même ou à deux. Prenez un temps pour vous retrouver ensemble, rien que vous en amoureux. Pas de besoin de quelque chose de très fancy. Une randonnée, un film sur Netflix que vous programmez de regarder ensemble, un jeu de société, etc... L'idée est de favoriser l'intimité émotionnelle, le lâcher prise sur le quotidien et d'être VRAIMENT ensemble. Et voir ce qui se passe... Sans pression. Uno ne rimera pas forcément avec "fête du clito".

    • rajouter de l'érotisme dans votre quotidien, même si ça ne débouche pas sur un moment sexuel. Regard lascif, caresse appuyée en passant à côté, compliment sexy voire petits mots sexuels susurrés à l'oreille... En fait, ça ce sont des préliminaires (les vrais). Entendez-vous d'abord sur votre capacité à recevoir ces sollicitations, et accordez-vous également sur le fait que ce ne sont pas non plus des invitations à forcément passer à l'acte dans la minute ou la soirée qui suit mais plutôt un moyen de prendre (et faire monter) la température.

    • montrer de la gratitude à votre partenaire pour tout ce qu'il ou elle fait pour vous et votre foyer. La reconnaissance, c'est de l'huile jetée sur le feu du désir. A utiliser sans modération (mais toujours avec sincérité!). Vous pourriez être surpris.e.

    • faites passer la sexualité dans le haut (ou au moins le milieu) de votre to do list. Si la sexualité vous manque, voyez la comme quelque chose d'important pour vous qui mérite une place de choix (pour vous, hein! Pas pour votre couple, pour la société ou pour un magazine débile!). Donc, si c'est votre cas, balek' le linge à plier et oui pour prendre votre pied! Vous serez quand même une personne formidable avec 3 bassines de linge en retard. Vous aurez peut-être juste un petit sourire niais en plus.

    • voyez un sexothérapeute, sexologue, etc... Bien sûr que je prêche pour ma paroisse, mais ça fait partie des motifs de consultations les plus fréquents et ce sont en général des séances très chouettes puisqu'on cherche ensemble ce qui pourrait marcher pour vous. En plus, souvent, on se marre! Si vous manquez de temps, c'est exactement ce pour quoi a été créé Le Programme du MamaSutraClub: un programme transformationnel de 3 mois, fait de vidéos courtes et d'exercices ludiques conçu pour vous aider à redonner la place que VOUS souhaitez à la sexualité, notamment en faisant le tri dans la charge mentale en gardant ce qui importe vraiment. Vous pouvez retrouver toutes les infos ici.

    • acceptez que parfois, la charge mentale est trop forte par périodes, et que ça reviendra quand les choses se seront posées. Rappelez-vous que le désir fluctue toute la vie, et que perdu un jour ne rime pas avec perdu pour toujours.

      Avec tout ça, je pense que vous avez déjà de quoi essayer pleiiiiin de choses et trouver ce qui vous parle. N'hésitez pas à en parler avec votre partenaire. Je dirais même, parlez-en! Si la sexualité est une composante importante dans votre couple, faites en un sujet part entière. Parlez, blaguez, essayez, écrivez et arrêter de plier les chaussettes ensemble pour faire des choses bien plus intéressantes. Comme jouer au Uno ou...

    Illustration avatar de Mélanie Laurès, sexothérapeute spécialisée en sexualité maternelle et accompagnement des mamans

    Ton désir mérite mieux qu'un "on verra plus tard".

    Ce n'est pas un hasard si tu es là. Le MamaSutraClub, c'est 4 semaines pour retrouver une sexualité après bébé qui te ressemble. Libre, joyeuse, sans culpabilité.